• Malédiction - Nienor

     

    Te rappelles-tu, notre amour ? Notre amour si fort, si beau. Notre premier amour si intense comme toutes les premières amours.

     

    On parle toujours des extases du premier amour. Mais parle-t-on jamais de la douleur de la séparation ?

     

    Notre amour. Nous étions deux ados qui croyaient en l'éternité d'un amour, en l'éternité, aux souvenirs. Nous croyions que les gens se souviendraient de nous quand nous serions morts. À quel prix ? N'importe lequel.

     

    Notre amour. Odeurs de drogue, odeurs d'alcool. « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans », disait Rimbaud. Étions-nous sérieux ? J'en doutais et aujourd'hui je le sais, nous n'étions pas sérieux. La drogue, l'alcool, comme les autres, nous étions tentés. C'est pas sérieux, on le savait, en plus. Mais l'adrénaline...

     

    Notre amour vivait d'adrénaline. Extases, excitations, sensations, nous vivions de brides d'adrénaline.

     

    Notre amour, nous l'avons bêtement détruit dans la bêtise de nos dix-sept ans. On s'est séparé, maudit en secrets, chacun de notre côté, un soir où on avait trop bu. La malédiction de l'amour. Nous l'avons prononcée ensemble. Aussitôt, une marque est apparue. Sur nos bras enlacés une interdiction à jamais enfoncée.

     

    Jeunes et bêtes, nous avons bravé la malédiction. Nous nous sommes aimés, un peu, beaucoup. Même mariés.

     

    Notre amour survivait. Nos marques nous brûlaient de temps en temps mais c'était si peu. Pourtant, un jour, un beau jour de printemps, ta marque t'a trop brûlée. Consumé peu à peu, tu es resté alité.

     

    Non, pas toi ! Ce jour-là, j'ai décidé de mettre fin à la malédiction. Elle précisait que si l'un de nous se suicidait, l'autre cesserait de souffrir.

     

    Ma marque me brûlait pendant que j'essayais de réfléchir. Peine perdue. Sans réfléchir, je me suis jetée dans la rivière.

     

    Dans la rivière, une fleur blanche flottait. Une fleur blanche, mon corps, jamais retrouvé. Mais toi, tu savais que j'étais devenu le symbole de notre amour éternel.

     

    « Suivre le Rhin- Neiges éternellesLaurélia et Thomas- Neiges éternelles »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :